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Nicolas Grossia : reprendre son destin en main

25 janvier 2015
Patrick S.

nicolas-grossia-portrait-122014A 23 ans, Nicolas passait la majorité de son temps à conduire sa moissonneuse-batteuse. Sur son siège, tout la haut, il dominait un monstre ! C’était sa passion.

Il croquait la vie à pleines dents pour profiter de ses plus belles années. On ne vit qu’une fois ! Il aimait aussi faire la fête et profiter de tout ce que l’existence lui proposait. C’était la moto, les fêtes avec les amis et les soirées bien arrosées.

C’est lors de l’une de ces soirées de fête où l’alcool avait coulé à flot, qu’il était reparti tard dans la soirée sur sa moto.Il avait seulement posé son casque sur sa tête sans le fixer. C’est ainsi que ce gamin avait failli voir sa vie, tout juste commencée, s’arrêter au bord d’une route. La fatigue, l’alcool, l’euphorie et le manque de sommeil allaient provoquer un accident. Le casque éjecté, c’est sa tête qui vint heurter violemment un fossé.

Nicolas était resté 45 jours dans le coma. A son réveil et sans bien mesurer leurs conséquences, il découvrait progressivement les séquelles dont il était atteint : traumatisme crânien, fractures diverses, hémiplégie, troubles de la mémoire, de la concentration et du comportement avec du stress et des angoisses.

Après cette trop longue période entre la vie et mort, il avait passé 4 années  dans les centres hospitaliers et effectué une rééducation intensive. Il avait passé les 3 premières années dans un fauteuil roulant ! A la sortie de son coma, Nicolas n’avait pas pris conscience de la gravité de sa situation, il pensait qu’il allait bientôt pouvoir reconduire une moissonneuse-batteuse. Il ne pensait qu’à cela, c’était redevenu son rêve !

Plusieurs années lui avaient été nécessaire pour comprendre et accepter, qu’il ne pourrait plus jamais avoir une vie normale. Pourtant durant ces années, il n’avait jamais baissé les bras. Il s’était renseigné et avait même envisagé de reconduite une moto d’une seule main, il était toujours inconscient de la gravité de son handicap.

A 28 ans, il boîte, son bras gauche ainsi que sa main gauche sont fragiles et faibles, sans parler des troubles du  comportement qui ne lui permettent pas encore, ni d’avoir une vie normale, ni de travailler. A cette période, il traverse la période la plus difficile, celle où il lui faut accepter de faire le deuil de tout ce qu’il aimait, de tout ce qui le passionnait ! Au début, il l’avait mal vécu sa situation, il se sentait  isolé, coupé du monde. Le moral était atteint. Il n’avait  plus d’envies. Avant il vivait avec des passions, aujourd’hui, il n’avait plus rien. La vie qui se présentait à lui était vide, fade, sans goût !

En 2006, alors qu’il était au Centre de Rééducation de Virazeil Marmande, Nicolas avait  rencontré celui qui allait l’empêcher de capituler, de sombrer dans la déprime !  Nino Ourabah représentait « Handigolf ». Il était venu  au centre, parler du golf et proposer une initiation à ceux qui le souhaitaient.

C’est ainsi que Nicolas a découvert le golf.  Jouer au golf d’une seule main, n’a rien d’évident, mais il s’accroche. Nino Ourabah lui avait expliqué que c’était possible. Il lui avait parlé de tous ceux qui n’ont qu’un bras, qu’une jambe ou qui sont aveugles. De tous ceux d’Handigolf qui rivalisent chaque jour, sans aucun complexe, avec les valides. Pour multiplier les réussites, Nino Ourabah, effectue un travail admirable dans les centres de rééducation, pour redonner l’espoir à beaucoup de  Nicolas, qui pensaient avoir tout perdu.

Sans trop y croire, Nicolas avait essayé. Au début c’était difficile, mais il avait la volonté et s’était accroché.  Il avait pris goût au golf et avait découvert  les bienfaits apportés, l’esprit du golf, la possibilité de jouer d’une seule main. Progressivement il renaît, il reprend goût à l’existence. Il débute une autre vie, dans laquelle il se prouve à lui-même que le Nicolas nouveau, est  grand, qu’il a su surmonter ce qui lui semblait impensable, alors qu’il était sur le point de démissionner.

Il a vite compris que le golf n’était pas un sport comme les autres. Que le golf permettait de gommer les différences avec les autres et que les joueurs valides avaient eux aussi leur handicap ! Que dans le golf, chacun des joueurs faisait sa partie et trouvait son plaisir quel que soit son niveau, chacun pouvait se remettre en question, trouver la réussite et positiver.

Depuis son accident Nicolas avait toujours l’espoir de s’en sortir. Avec les handicaps dont il souffrait, il était loin d’imaginer que c’était à travers le golf qu’il verrait enfin le bout du tunnel. Quelques années après son accident et grâce à HANDIGOLF, Nicolas a retrouvé la joie de vivre et le plaisir de pouvoir côtoyer d’égal à égal, des gens valides. Alors aujourd’hui Nicolas a grandi, il a commencé une autre vie ! Grâce au Lot et Garonne avec une aide de  la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports, du  golf de Barthe à Tombeboeuf et à ses nouveaux amis handigolfeurs, il peut assouvir sa passion pour le golf.

Avec le soutien de son sponsor, il joue depuis 3 ans les premiers rôles dans sa catégorie sur le circuit européen des golfeurs handicapés et continuer à se fortifier physiquement. Après avoir trouvé un travail de jardinier dans un golf, son nouveau rêve serait maintenant de créer  une  association de  golf au sein  du  club de Tombeboeuf et pourquoi pas d’ouvrir un une école Handigolf.

Rédaction : René Morgand

nicolas-grossia-nino-122006

Premier contact avec Nino OURABAH et le golf.

 

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1 commentaire. nouveau

bonsoir, viens de revoir le reportage de toute une histoire avec nicolas et lu le reportage ! il a bien repris le dessus je me souviendrais toujours la premiere fois que je suis aller le voir a cenon , la seconde a virazeil . je m’en suis voulu longtemps pour son accident il m’avait apeler la veille le samedi soir vers 22h pour me proposer de sortir en discotheque j’avais refudé mais pourquoi?!!! si j’avais dit oui il n’aurais peut etre pas fait cette erreur de prendre la moto avec tout l’alcool consommé?! mais avec des si on referait paris! malheureusement c’est arrivé et j’ai beaucoup pleuré! maintenant je vois quel homme il est devenu, je suis fiere qu’il en soit arrivé la c’est une belle revanche ! tendre pensee nicolas! philippon delphine

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